Comment se faire accompagner quand on est une asso ?

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Yaël Question d'asso, le podcast part et pour les asso.

Ludo Une asso agit rarement seule. Elle évolue dans une multitude d'écosystèmes avec lesquels il faut apprendre à composer. Il y a les acteurs institutionnels, les financeurs, les acteurs du territoire, les structures avec lesquelles on aimerait travailler et celles avec lesquelles on est obligé de travailler. Il y a des règles à respecter, des normes que l'on découvre plus ou moins sur le table. Autrement dit, les relations interstructures, c'est comme les relations interpersonnelles, rien n'est moins simple. C'est subtil et complexe. Alors, comment s'y retrouver? Comment gérer les relations avec ses partenaires? Comment faire vivre ses relations au-delà du formalisme des contrats? Comment avoir une réelle réciprocité dans les échanges? Quelle place cela doit-il prendre dans la vie et dans les activités de l'association? Ce sont ces questions que nous vous proposons d'aborder dans ce 20e et second épisode de la saison numéro 3 de Questions d'asso, le podcast par et pour les asso, soutenu par la Maif. Pour aborder cette épineuse thématique, on s'est déplacé à Alès, dans le Gard avec Yael. Salut Yael!

Yaël Hello Ludo!

Ludo Si vous avez écouté notre hors-série de début de saison, vous savez que l'on teste aujourd'hui pour la première fois notre matos itinérant. On espère que la qualité audio sera au rendez-vous, vous nous direz. Alors, pourquoi Alès? Pour rencontrer Bruno et Mickaël de Kaba, collectif associatif du bassin alésien. Une association qui fait de l'accompagnement social et médico-social auprès d'adultes handicapés et qui a une manière assez chouette de faire vivre ses partenariats, vous allez voir. Comme nous testons le format itinérant, la question d'experts est enregistrée dans un deuxième temps. sera l'occasion de regarder concrètement comment écrire un contrat de partenariat qui tienne la route. Comme d'habitude, cet épisode de Questions d'Assos, réalisé par Guillaume Desjardins de Synchron TV, sur une musique de Sound of Nowhere, vous pouvez vous abonner à Questions d'Assos sur votre plateforme de podcast préférée, sur Apple Music, Spotify, Deezer, Soundcloud. Pour celles et ceux qui nous suivent sur Google Podcast, vous le savez peut-être, la plateforme va rejoindre le cimetière de Google, et donc nous vous invitons à venir nous écouter sur une autre plateforme. Et pourquoi pas Peertube, plateforme libre que vous trouverez dans les liens de notre site web. Vous pouvez également écouter ce podcast directement sur notre site web, www.questions-asso.com, où vous retrouverez une version textuelle de ce podcast. Voilà, nous sommes très heureux d'être avec vous pour ce nouvel épisode de Questions d'Asso. Installez-vous confortablement, c'est parti! Et nous retrouvons Yaël pour l'édito.

Yaël Merci Ludo pour cette petite intro. Alors, du coup, moi, je voulais vous parler de comment est-ce qu'on a vécu les partenariats au Mouton Numérique. Donc, le Mouton Numérique, pour celles et ceux qui nous écoutent, c'est l'association que j'ai créée il y a maintenant 7-8 ans. Et ce qui était intéressant, c'est que je me souviens très bien du premier partenaire qu'on a eu. C'était, enfin en tout cas, le premier partenaire formalisé comme tel, avec un beau contrat de partenariat qu'il a fallu signer. c'était la gaieté lyrique. C'était en 2017 pour notre deuxième événement, un débat sur numérique et école. Parce que du coup, nous, notre principale activité au bouton numérique, c'est de faire des débats et des événements sur les thématiques liées au numérique. Donc, c'était le premier contrat, je me souviens, qu'on signait. C'était assez impressionnant. Ça justifiait le classeur papier que j'avais acheté pour ranger toute notre paperasse administrative. Contrat pour l'assurance, essentiellement. En cas de pépin, on est couvert. C'était à peu près l'idée, mais on n'était pas trop sûr de quel pépin et de sur quoi on était couvert. Je me souviens de mettre pas mal de scénarios catastrophes à ce moment-là. Si jamais il y a le feu, qu'est-ce qui se passe? Qui est responsable? Comment ça engage l'asso? Qu'est-ce qu'on va faire avec ces dix pages et ce bout de papier qu'on a signé en deux exemplaires? En deux ou trois exemplaires d'ailleurs, je ne me souviens plus bien. Je me souviens que je m'étais sentie un peu petite face à la gaieté lyrique qui est quand même, pour ceux et celles qui connaissent, une grande institution culturelle à Paris. S'il y a un problème, je sentais que dans tous les cas, on allait se faire avoir avec l'association. Je ne savais pas trop comment, mais j'espérais que tout allait bien se passer. Très vite, sur le site de l'association, on a mis les logos de toutes les structures avec qui on a fait des trucs. Il y avait bien entendu la gaieté lyrique, il y avait en fait toutes les autres salles où on avait fait des débats, souvent une fois. On a fait... Donc la logique derrière, c'était de se dire, bon, on va faire des croisements de public. On a le public de l'association, mais à chaque événement, parce qu'on n'avait pas de local, et d'ailleurs, on n'a toujours pas de local, on va aller dans des salles et faire chercher leur public. Donc par exemple, la gaieté lyrique, c'était un public un peu culturel que nous, on n'avait pas dans l'association. On avait fait des débats à la recyclerie, qui avait un public un peu plus écologique. Du coup, c'était de se dire « Tiens, nous, on va amener la touche technologique et les questions un peu critiques sur le numérique. » Et il faut dire qu'on a fait quand même pas mal de beaux partenariats de ce point de vue-là. Mais au bout de 2-3 ans, sur le site, ça faisait quelque chose d'un peu bizarre, avec toute cette flopée de logos de gens chez qui on était allés une fois, maximum, et on se demandait un peu qu'est-ce que ça faisait? Et est-ce que finalement, c'était vraiment des partenaires? Est-ce qu'il n'y avait pas quelque chose d'artificiel dans tout ce chapelet de logos qu'on avait accumulé sur le site? Quel lien et quelle relation, finalement, est-ce qu'on avait tissé avec tous ces lieux? Je me souviens, par exemple, de l'Institut du Monde Arabe, où on avait fait un super événement sur le printemps arabe, mais bon, finalement, on n'y était jamais retournés. On avait peut-être envoyé quelques mails pour faire semblant de temps en temps, mais il n'y avait pas eu trop de suites. Donc, finalement, est-ce qu'on peut dire c'était des structures amies, des structures avec qui on était proche. A l'inverse, on se rendait compte qu'il y avait des structures avec qui on était très proche, qu'on échangeait vraiment régulièrement, mais avec qui on ne faisait rien officiellement, c'est-à-dire pas d'événements publics, il n'y avait pas de production, de coproduction. Néanmoins, on allait à leurs apéros, ils allaient au nôtre, parfois on allait à leurs âgés, et il y avait des liens qui étaient beaucoup plus forts et beaucoup plus étroits, Et ceux-là, ils apparaissaient absolument pas sur le site. Et là, je pense peut-être une des plus connues, enfin en tout cas, un des plus parlants, c'était justement Designers Ethiques. Donc l'association de Karl, qui n'est pas avec nous aujourd'hui, mais qui va écouter cet épisode, je pense. Où Karl venait à nos AG du Mouton. Moi, j'allais aux AG des Designers Ethiques. Je suivais bien évidemment ce qu'ils faisaient. Mais finalement, on n'a jamais fait d'événements communs. Et je crois, à ma connaissance, qu'il n'y a jamais eu le logo des Designers Ethiques sur toute l'histoire, sur les huit ans d'association. alors que ça fait quand même partie de personnes avec qui on était... Enfin, on est toujours d'ailleurs très proches, et d'ailleurs, la preuve, ça a donné Question d'asso et le podcast qu'on est en train de faire aujourd'hui. Et il n'y a pas que Question d'asso. Je pense aussi à la quadrature du net, où ça a été un peu pareil. Il y a en fait plein de structures et d'amis partenaires où il y a eu à peu près la même chose. Où à chaque fois, on a fait des rencontres inter-asso, mais toujours de manière informelle, et finalement, ça ne se voyait pas. où on parlait beaucoup de questions d'organisation aussi, et du coup de problématiques internes, qui sont là aussi des choses qui finalement n'étaient pas du tout valorisées vers l'extérieur, et du coup vers, peut-être vers le public, ou en tout cas qu'on n'appelait pas aussi partenaires. Mais c'était des structures amies. Et cette porosité se retrouve aussi dans les membres que nous on avait, et qu'on se partageait entre les associations. Et du coup on avait des bénévoles qui glissaient un peu d'une structure à l'autre, et qu'on retrouvait, et qui, on va dire, témoignaient un peu de ce lien et de ce proximité qu'on a, et qu'on a toujours, entre structures. Mais il n'y avait pas de contrat, pas de papier, pas de formalisme, rien, et même, je veux dire, d'un point de vue extérieur, il n'y avait rien qui existait. Alors, est-ce qu'on peut parler de partenaire dans ce cas-là? J'en sais rien, peut-être pas, et c'est compliqué à définir, parce que derrière, c'est des amitiés qui se nouvent de personne à personne. Comme si la proximité de l'association, de la structure, passait aussi par la proximité, les relations que les personnes, nous, les unes avec les autres, au sein des diverses associations. Et du coup, d'ailleurs, qu'on revoit le week-end, qu'on s'appelle, pour savoir comment ça va, et qui dépasse le strict, j'allais dire, les strictes activités des associations respectives. Et ça, on s'en rend compte, en particulier, dans les moments de transition. Je pense notamment, les moments de renouvellement du bureau. Et je me souviens, j'ai eu récemment, comme ça, donc on a changé de bureau au mouton numérique, et à un moment, on parle de je ne sais plus quelle structure, et je dis « Ah mais oui, j'ai bien sûr le contact et j'envoie un mail » et là je vois du coup le nouveau bureau qui envoie un mail à cette personne, un mail super formel, avec des « vous », avec des... Alors ils ne sont pas allés jusqu'à « cher monsieur », mais c'était presque ça. Ce qui m'a énormément choquée parce qu'en fait c'était quelqu'un avec qui on avait eu une relation finalement très de proximité. Et ce qui m'a interrogée aussi sur ce que pour moi était évident que c'était une structure amie de l'association, parce qu'en fait on avait noué des relations interpersonnelles et très proches, mais qui du coup, ce n'était pas transmise sur le reste de l'association, puisque du coup, les personnes ne s'étaient pas senties de tutoyer la personne ou d'être francs aussi dans le parler, mais avoir des formules un peu empoulées, un peu comme si elles parlaient à quelqu'un qu'elles ne connaissaient absolument pas. Donc, ça ne facilite pas finalement le départ, et ça revient à un autre épisode qu'on avait fait sur le départ des fondateurs, ou en tout cas le départ de ceux qui, dans l'asso, en fait, cultivent ces relations et font attention à travailler. Alors, je ne sais pas si on va parler de soins dans cet épisode, mais il y a peut-être un petit sujet là aussi, sur, du coup, les personnes qui prennent en charge tout ce travail un peu informel, entre asso, pour cultiver ces différents liens. Qui, d'ailleurs, souvent, ne sont pas pensés comme tels. Je me rends compte, en fait, a posteriori, que moi, souvent, c'est des relations que je n'ai pas pensées comme tel. Donc maintenant, au mouton numérique, j'ai l'impression qu'on réfléchit de plus en plus, alors pas en termes de partenaires et puis je pense qu'on va y venir aussi dans l'épisode mais nous on n'a pas du tout de subvention. Donc finalement on n'a pas besoin non plus d'afficher des partenaires, ce ne sont pas des choses qu'on nous demande, on n'a pas besoin de faire des partenariats pour récupérer des sous ou autre. Donc de plus en plus, en tout cas le terme de partenaire, on ne l'utilise quasiment plus mais on réfléchit en termes d'alliances. Et ça devient un point central de notre stratégie associative. Toute la question, ça ne devient pas une stratégie de com ou de visibilité vraiment une stratégie militante qui est qui est-ce qu'on a envie de soutenir, de qui est-ce qu'on a envie de se rapprocher, avec qui on veut partager notre temps, notre réflexion, et ça en fait c'est central parce que derrière le temps et de la réflexion, en fait ça demande aussi où est-ce qu'on met l'énergie, et si on met de l'énergie à se rapprocher de telle ou telle association, potentiellement on en a moins enfin nous dans la trace on est tous bénévoles pour faire d'autres activités et d'autres actions qui peut-être sont plus visibles par ailleurs donc c'est en fait une vraie enfin voilà, c'est une question en fait centrale au-delà des mots et des bonnes intentions, de dire je vais me rapprocher de telle structure et quelles relations j'ai envie de nouer avec ces personnes-là et quelle forme ça va prendre. Alors vous voyez, du coup, je suis passée au début de partenariats formels à des stratégies d'alliance. Je vais parler aussi de structures amies, donc trois relations qui sont assez différentes. Je ne sais pas forcément quoi faire de tout ça, mais je vous le partage. J'ai l'impression que peut-être qu'on pourra aussi y tirer, ça ne se dit pas du tout, qu'on pourra revenir dessus et construire petit à petit. En tout cas, j'ai bien d'entendre, vous, votre vision à Caba, ce que vous avez sur peut-être à la fois les partenaires, mais aussi cette notion peut-être un peu plus floue de structure avec qui vous vous sentez proche, pas proche, et comment vous articulez tout ça.

Ludo Merci Yael, et surtout, merci Bruno et Mickaël de nous accueillir chez vous pour témoigner de la manière dont vous fonctionnez à Caba. Donc, on vous propose de commencer par un truc qui est traditionnel à la question d'asso, c'est la carte d'identité de l'association. C'est trois questions que nous vous posons, qu'on pose à toutes les associations, donc on va vous poser aussi, pour que les auditeurs et auditrices vous situer dans le paysage associatif? Vous êtes prêts? La première question, est-ce que vous pouvez nous décrire l'activité de Kaba et qu'est-ce que vous y faites?

Bruno Je vais répondre à la première question. C'est Bruno. Le Kaba, ça veut dire Collectif Associatif du Bassin Alésien. C'est une création historique qui date de 1999. Le Kaba est une association qui travaille dans le champ du médico-social, qui est encadré par des textes, des lois et aussi des autorités de tarification qui sont l'ARS, l'Agence régionale de la santé de l'Occitanie et le département du Gard, le conseil départemental du Gard. Ils sont tous les deux des autorités de tarification et qui nous accompagnent, on va le dire, et qui nous donnent un cadre de fonctionnement. Ça, c'est important à saisir. Donc, en 1999, il y a eu le département qui a demandé à des associations du secteur d'Alès, donc qui est situé dans le département du Gard, comme l'a dit tout à l'heure Ludovic, et Cévennes, c'est la porte des Cévennes, pour ceux qui connaissent. Il y a eu un film qui est sorti il n'y a pas longtemps, on n'est pas forcément fans de nous ici, mais qui était très sympathique, qui a fait découvrir les Cévennes, c'était Antoinette dans les Cévennes. Donc nous, nous sommes à la porte des Cévennes, ça c'est pour la petite histoire. Donc un territoire qui est très particulier, à la fois sauvage, à la fois ouvert, mais aussi à la fois difficile d'accès. Donc le CABA a été construit à la demande du département, comme je l'ai signalé, et de cinq grosses associations du secteur, associations médico-sociales et sociales. Tout simplement pourquoi? Parce qu'on a des personnes qu'on accompagne vulnérables en situation de handicap, qui sont à la fois soit en situation de travail milieu protégé ou au milieu ordinaire, mais qui vivent seules à leur domicile. Nous n'accompagnons pas des personnes qui sont hébergées dans des structures spécialisées, pour ceux qui connaissent, comme les foyers d'hébergement, les maisons d'accueil spécialisées, les foyers d'accueil médicalisés. Ce sont des personnes qui, par définition, ont des capacités d'autonomie, mais qui ont besoin d'être soutenues. L'une des missions du CABA, c'est à la fois de les accompagner sur l'autonomie, maintien à leur domicile ou recherche d'aide à trouver un logement. Sur le côté, on va dire, relation sociale, tout ce qui va être socialisation, la relation à l'autre, vivre dans une ville, vivre dans un village, pouvoir se développer sur son territoire. On va avoir aussi le maintien à l'emploi, recherche d'emploi, soit en milieu protégé, soit en milieu ordinaire. Et après, on va voir tout ce qui va concerner la coordination médicale, tout ce qui va être autour du soin. Soit c'est du soin du côté psychiatrique, avec les partenaires comme les hôpitaux psychiatriques, avec leurs dispositifs qui sont les CMP, les centres médicaux psychiatriques. et ensuite tout ce qui va être autour de la coordination de ville, médecine de ville. Voilà, par rapport aux missions. On accompagne des personnes de tout type de handicap. Donc par définition, c'est quand même relativement autonome. Donc on va avoir essentiellement des personnes handicap psychique. Ensuite, des personnes déficientes intellectuelles, moyens, plutôt légers. Et après, des personnes handicap moteur.

Ludo Ok, super. Est-ce que tu peux... Tu n'as pas utilisé un mot qui est environnement protégé? Est-ce que tu peux vite fait le définir? Parce que j'imagine que ça reviendra peut-être dans la discussion après.

Bruno Oui, tout à fait. L'environnement protégé, tout simplement, c'est que ce sont des structures qui sont habilitées, qui reçoivent un agrément par les ARS le plus souvent. Ça peut être aussi par le département. Donc, c'est des structures qui doivent respecter un cadre à la fois législatif, à la fois financier. Et donc, tout simplement, on va prendre l'exemple des ESAT. Donc c'est des établissements d'accompagnement par le travail, où la personne en situation de handicap va occuper un poste de travail, mais qui va être aidée, épaulée par des éducateurs, des moniteurs d'atelier, avec tout autour un panel de personnel. Il y a des économes, des cuisiniers, mais il y a aussi des directeurs, il y a des éducateurs qui vont l'aider dans l'exécution des tâches professionnelles qu'elle doit accomplir.

Ludo Ok, super, merci. Donc on va passer à la deuxième question, c'est comment est-ce que vous êtes financé? Comment se structure aussi votre budget entre les dons, les subventions, les prestations ou d'autres sources de revenus? Et est-ce qu'on peut aussi avoir un ordre de grandeur de votre chiffre d'affaires annuel?

Bruno Alors le financement concernant le CABA, c'est deux types de financement. Un financement d'État en passant par les ARS, l'Agence régionale de la santé, qui est tout simplement le ministère de la santé. Et on a un financement du département, donc très territorial, donc du GAR. qui va être plutôt sur la part sociale et l'ARS va être sur la part soins notre budget de fonctionnement qui va englober une structure qui accompagne 300 situations pour 200 personnes et 20 salariés 19, 20 parce que 20 il y a des fois des remplacements donc le budget alloué c'est à dire pour l'ensemble du fonctionnement alors nous on parle pas de subvention on parle de dotation qui sont annuelles Pour l'année 2023, on a eu 1,2 million, en sachant que d'habitude, on tourne d'un million, parce que cette année, on a pu acquérir de nouveaux locaux. Le cabasque que je n'ai pas expliqué est situé sur la ville d'Alesse, en deux lieux. Un lieu qui est en plein centre-ville, de côté de la rue Jean-Moulin, pour ceux qui connaissent. Et puis un autre lieu qui est de Stalingrad, qui est aussi en centre-ville, mais un peu plus à l'Icare. Et donc, on a deux locales, dont un où on est propriétaire et un où on est locataire. Le budget sert à la fois à payer les salaires, à payer bien sûr le fonctionnement des services. On va expliquer un peu après ce que sont les services. Donc des services qui vont devoir avoir un budget pour accompagner les personnes, avoir des voitures, des véhicules, se déplacer et puis bien sûr payer les salaires comme je l'ai dit.

Ludo Ok, super, merci. Et donc dernière question, comment est-ce que vous êtes organisé au sein du collectif? Alors tu nous as dit que vous êtes 19 salariés, est-ce que par ailleurs il y a des bénévoles? Comment vous êtes organisé et comment se prennent éventuellement les décisions aussi?

Bruno Alors, le CABA est organisé en deux services et quatre dispositifs. Donc, deux services et chaque service a deux dispositifs. Je vais essayer d'être le plus clair possible. Un service qui s'appelle le SAVS, service d'accompagnement vers la vie sociale, qui est donc décliné en deux dispositifs. Un SAVA, service d'accompagnement vers la vie active, plutôt vers l'autonomie, excusez-moi. Une fois, je fais des confusions. Et le SAM, service d'accompagnement par la médiation. Donc ce service-là, lui, par rapport à ce qu'on a évoqué tout à l'heure, lui, est financé essentiellement par le département. Dans ce service-là, on va avoir deux types de missions. Le service, ça va être de l'accueil. Donc les personnes viennent chez nous, dans nos locaux. On a des salles d'entretien. Soit ce rendez-vous, soit sur un système, ce qu'on appelle la permanence accueil, où des personnes que nous, on accompagne ou on n'accompagne pas, mais qui viennent avec un document de la MDPH, alors maison départementale des personnes handicapées. Et là, ces personnes-là vont avoir des demandes qui peuvent être soit de l'ordre administratif, le logement, comme je l'ai évoqué un peu tout à l'heure par rapport aux missions. Et un autre service, c'est le SAM qui, lui, va proposer plutôt des activités. On en parlera un peu plus en détail tout à l'heure par rapport à la notion de partenariat, qui va proposer des activités pour que la personne puisse produire par elle-même certaines choses, ce qui n'est pas toujours évident pour ces personnes-là qui sont parfois écartées aussi de toute la relation sociale qui peut exister et aussi le manque de confiance. soit des ateliers qu'on va proposer, ça peut être ce que nous on appelle de la bricolothérapie, une forme d'art plastique adaptée aux personnes qu'on accompagne avec une notion thérapeutique, donc on produit par soi-même, ou des ateliers cuisine, soit effectivement des partenariats extérieurs, mais là je laisserai la parole à Mickaël qui sera plus amen de vous expliquer ce qu'on a mis en place au niveau de ces partenariats-là. Ensuite, je vais terminer par rapport au SAMSA, qui sont les structures médicalisées qui accompagnent des personnes avec des handicaps beaucoup plus spécifiques. On a deux dispositifs. Un dispositif qui va accompagner des personnes essentiellement handicap psychique. Alors, handicap psychique, pour ceux qui ne connaissent pas, ça va toucher plusieurs types de pathologies. La plus connue, c'est la schizophrénie, mais on en a d'autres. L'anorexie, la dépression, par exemple, pour nommer quelle. Et ensuite, on va avoir un autre service qui va accompagner des personnes dites autistes. Donc, ça s'appelle les troubles spécifiques du trouble autistique. Et là, avec une spécialité chez nous, c'est plutôt des personnes dites Asperger. Alors, Asperger, ça ne veut pas dire forcément toujours surdoué. ça veut dire sans déficience intellectuelle et là on va accompagner des gens qui sont soit étudiants, soit en situation de travail soit ne travaillent pas, c'est pareil pour l'ensemble des personnes qu'on accompagne au Kaba on n'a pas de bénévoles une association un peu un part entière dans le principe du médico-social, il y a des structures médico-sociales qui ont des bénévoles, nous au Kaba on a fait le choix de ne pas avoir de bénévoles, c'est pas parce qu'on les aime pas c'est que historiquement ça ne s'est pas fait comme ça c'est simplement des professionnels donc des personnes qui ont une qualification Ça peut être des éducateurs, ça peut être des infirmiers, ça peut être des médecins psychiatres, on a une médecin psychiatre, psychologue, AMP, plusieurs types de métiers qualifiés qui vont donc avec leur spécialité pouvoir aider ces personnes dans leur projet de vie.

Ludo Et du coup, vous avez un bureau, un CA?

Bruno Alors, en fait, le CABA a, comme toute association, normalement, un projet associatif. Donc nous, nous avons construit qu'on doit le réviser tous les cinq ans. Ça, c'est une obligation qui nous est demandée par les autorités de tarification et dans le cadre législatif. Donc en 2021, nous avons refondé notre projet associatif qui va définir l'objet de l'association. L'objet de l'association, je l'ai un peu cité tout à l'heure, c'est tout ce qui va être autour de l'accompagnement des personnes et les accompagner vers leur autonomie. Avec des notions de citoyenneté, avec des notions d'innovation. On va toujours chercher l'objet de l'innovation, le partenariat en fait partie. Et donc, ce projet associatif, il émane d'un conseil d'administration qui est composé chez nous de huit membres et un conseil d'administration qui se décline en un bureau qui est composé de six membres. En fait, c'est une petite association. Et à partir de là, l'association va, chaque année, va définir ses objectifs stratégiques. Par exemple, cette année, un des objectifs stratégiques, c'était pour 2023, l'acquisition de nouveaux locaux pour pouvoir continuer à développer nos activités. À partir de là, on va avoir un directeur qui va avoir des missions, donc une délégation qui est proposée, même pas induite par l'association, par le conseil d'administration, et il va y avoir des missions qui va devoir remplir la gestion, c'est le rôle du directeur, tout ce qui va être la gestion des chiffres. Quand on dit gestion, ce n'est pas lui qui fait la comptabilité, pour ça il est aidé d'une cadre administrative, qui est marreilleur chez nous, qui va être aidé aussi par rapport aux missions de tout ce qui va être la coordination des projets par une chef de service. Et ensuite, on va avoir une déclinaison par dispositif, donc les quatre dispositifs de salariés, comme je l'ai expliqué tout à l'heure, de psychologues, d'infirmières, d'éducateurs, qui vont, eux, occuper sur le terrain tout ce qui va devoir être nécessaire pour l'accompagnement des personnes. Alors, je tiens à préciser, dans le cadre du CABA, c'est une petite structure pour le médico-social, Dans mon expérience de direction, j'ai eu des structures avec plus de 160 salariés, donc on n'est pas du tout sur les mêmes structures. Mais l'intérêt des dispositifs comme le CABA, c'est un dispositif en milieu ouvert et c'est surtout le personnel qui travaille. Donc chaque salarié, il a une autonomie dans son travail. Il y a une délégation qui est confiée par la direction pour qu'il puisse pouvoir développer ses projets. Et l'intérêt d'une petite structure comme celle-ci, donc de l'association comme le CABA, c'est cette mobilité. Et cette mobilité, on l'a mis en place notamment grâce à l'aide de partenariats.

Yaël Merci Bruno et j'en profite avant qu'on rentre dans le sujet des partenariats parce que je me rends compte qu'en fait on ne vous a pas bien présenté parce que vous n'avez pas exactement la même fonction et la même rôle dans l'organisation et c'est peut-être utile de le préciser. Donc Bruno, toi tu l'as glissé dans ta plantation, du coup tu es à la direction du CABA et du coup Mickaël est salarié. Est-ce que tu veux peut-être dire un mot sur ce que tu fais précisément?

Mickaël Oui, bonjour, Mickaël. Moi, je suis éducateur spécialisé dans un des services du CABA. Pour remettre un petit peu dans le cadre, moi, je travaille dans une partie du SAVS, donc dans un dispositif du SAVS. Ce dispositif, c'est le SAM, Service d'activité et de médiation. Comme le disait Bruno tout à l'heure, le SAVS a été découpé en deux dispositifs. Un dispositif qui travaille en individuel auprès des bénéficiaires et un dispositif, le SAM, qui va travailler de manière collective. Mon travail au SAM, du coup, est de pouvoir travailler sur l'inclusion sociale afin de proposer des temps d'activité, mais surtout de rompre l'isolement créé par la maladie.

Yaël Merci beaucoup, Mickaël, et merci Bruno pour ce premier aperçu de l'association du CABA. Du coup, je vous propose qu'on passe directement au sujet qui nous intéresse aujourd'hui, donc au partenariat. Vous avez commencé à glisser des petites briques tout au long de la présentation. Alors concrètement, comment ça se passe les partenariats au CABA?

Bruno Ce qui est important, l'objet partenariat dans des associations comme les nôtres, c'est que quand on accompagne une personne ou un groupe de personnes, de plus en plus, historiquement, les structures médico-sociales et sociales étaient un petit peu enfermées. Le mot est un peu fort, mais travailler de façon autonome. Ce n'est pas la demande des personnes. Les personnes, ils ont envie de vivre dans la société comme tout le monde. Quand je dis les personnes, on parle des personnes qu'on accompagne. Et donc l'idée d'ouvrir une structure, le CABA est déjà ouvert par définition vu que ce sont des services. Nous, on n'accueille pas, on n'héberge pas, ce qu'on expliquait tout à l'heure. Et donc on doit s'ouvrir. Et on doit s'ouvrir pourquoi? Parce qu'on doit s'ouvrir d'abord, nous, on ne peut pas faire tout tout seul. Ça serait très prétentieux, voire dangereux. Et on doit aussi s'ouvrir vers la société, même si on est dans la société. Mais ce n'est pas toujours simple. Donc l'idée des partenariats qu'on a mis en place au CABA, c'était vraiment de travailler avec des dispositifs de droit commun ou des dispositifs spécialisés comme les nôtres. Et on a deux types de partenariats. Il y a un partenariat qui va être plus dédié à notre spécialité, c'est tout ce qui va être autour du soin. L'exemple, tout à l'heure, j'en parlais de l'hôpital psychiatrique, mais ça peut être aussi l'exemple de structures comme Reseda, qui est un dispositif sur un l'aise de coordination. du soin et puis des structures aussi comme la maison départementale des personnes handicapées, la MDPH puis un autre type de partenariat qu'on a développé au CABBA par l'intermédiaire notamment du SAM et Mickaël, il a oublié de se présenter, il a oublié quelque chose il est aussi coordinateur des partenariats notamment culturels et sportifs je vais lui laisser la main pour qu'il puisse expliquer ce qui se passe au niveau de cette coordination puis par là-dessus je vous expliquerai l'autre type de coordination au niveau du soin?

Mickaël Oui, alors du coup, moi dans un premier temps, je voudrais revenir sur la notion de partenariat. Parce que de mon point de vue, un partenariat se définit par de la co-construction, qu'il y ait ou non une convention. Donc on a effectivement des partenariats avec lesquels on a pu conventionner et d'autres qui sont soit en cours d'écriture soit qui ne verront pas forcément le jour et de mon point de vue en tout cas ce n'est pas très grave à partir du moment où on co-construit ensemble et où on réfléchit à la manière dont on va travailler à deux voilà sinon du coup dans le service du SAM donc effectivement on a pas mal de partenariats sur l'extérieur. Il faut juste revenir sur la mission première du service. La mission première du service, c'est de faire de l'inclusion sociale. Donc, tout ce qu'on va faire sur le monde extérieur, sur la cité, va aller vers cet objectif principal. Je ne sais pas du tout par où commencer dans le nombre de partenariats, mais du coup, on peut peut-être les découper par thème, donc on peut avoir des partenariats sur le champ du numérique sur lequel on va y retrouver la médiathèque d'Aless, avec lequel on va pouvoir travailler sur différents ateliers, des initiations informatiques, des ateliers jeux vidéo, des ateliers jeux de société. Sur tous ces ateliers on va du coup travailler différents aspects dans la construction de ce partenariat et dans la construction de l'atelier. C'est un partenariat qu'on a depuis de nombreuses années, depuis plus de 15 ans et qui va du coup permettre aux personnes de pouvoir mieux connaître la médiathèque, de pouvoir emprunter des livres, de pouvoir s'y rendre tout seul uniquement parce que elles vont se sentir rassurées dans ce lieu puisqu'elles sont déjà venues avec nous. Elles sont venues plusieurs fois, elles ont rencontré les intervenants de la médiathèque, elles ont pu comprendre plus facilement comment l'espace fonctionnait. Et du coup, elles se sont rassurées et donc elles peuvent y aller plus facilement. La seule condition de notre côté, c'est de pouvoir les accompagner à prendre une carte de la médiathèque justement dans ce but-là. Ensuite, tous les ateliers qu'on va proposer Dans ce lieu, les personnes vont s'y inscrire en fonction de leur demande et de ce qu'elles ont envie de faire sur ces temps-là. Il n'y a jamais d'obligation, c'est toujours à la demande du bénéficiaire du service et sur inscription en fonction de ce qu'ils ont envie de faire.

Yaël Juste pour préciser, là du coup quand vous dites que vous faites des ateliers à la médiathèque, c'est d'abord pour vos publics à vous ou c'est aussi ouvert à d'autres personnes, par exemple, public de la médiathèque qui veut s'inscrire?

Mickaël Dans un premier temps, c'est d'abord sur notre public à nous. L'idée est plutôt de proposer un atelier qu'on va co-construire, encore une fois, avec le médiateur numérique de la médiathèque sur les ateliers informatiques. Mais l'idée, c'est que progressivement, les personnes puissent s'inscrire dans un atelier classique de la médiathèque. Donc au fur et à mesure où elles vont pouvoir apprendre ou se sentir simplement à l'aise, il y a un moment où elles vont pouvoir se décrocher de cet atelier-là pour pouvoir intégrer un atelier plus conventionnel.

Yaël Merci.

Mickaël Pour continuer sur le champ numérique, on a également un partenariat avec l'association Solidarnet qui propose des accompagnements au numérique dans de l'aide administrative, de la formation, etc. Ce partenariat prend deux formes différentes. On propose une permanence dans leurs locaux. C'est une permanence numérique, mais l'idée, c'est d'accueillir toutes les personnes en situation de handicap, quelle qu'elle soit, qui auraient besoin d'un accompagnement numérique dont Solidarnet ne pourrait pas répondre, ou aurait plus de difficultés à répondre, ou la personne aurait plus de difficultés à aller vers Solidarnet. L'idée, ce n'est pas de les recevoir ici, parce que l'objectif est que toutes ces personnes-là puissent aller ensuite elles-mêmes vers Solidarnet. On va les recevoir à Solidarnet, dans les locaux Solidarnet, Et progressivement, de la même manière qu'avec la médiathèque, les personnes vont se sentir rassurées et donc vont pouvoir aller d'elles-mêmes prendre rendez-vous pour une démarche ou une formation. Le deuxième atelier qu'on peut faire avec Solidarnet, c'est des cafés numériques. L'idée est de pouvoir proposer un temps qui n'est pas autour d'une démarche, qui n'est pas autour de quelque chose à faire, mais de pouvoir simplement parler du numérique. Souvent, on a un peu peur, l'ordinateur fait peur, on ne sait pas comment s'en servir. Donc là, on va éliminer tout ce problème et on va simplement se mettre autour d'une table pour discuter du numérique. Donc avec différents sujets. Il y a un sujet à chaque café, on fait ça une fois par mois. Et ça permet du coup au public du Kaba de pouvoir discuter dans un espace qui est un espace lié au numérique, de numérique, mais sans avoir toute la peur qui va avec l'outil. Voilà pour tout le partenariat sur la notion du numérique. Ensuite on a un gros partenariat sur les notions culturelles. on propose entre autres des actions de bénévolat culturelles donc en lien avec différentes associations qui travaillent autour de la culture des festivals on travaille plus pour vous donner un exemple on travaille avec le festival du cinéma d'Ales Itinérance depuis maintenant 10 ans Tout au long de ces 10 ans, on a proposé du bénévolat à nos bénéficiaires. C'est un bénévolat un peu particulier, puisque ça va être un bénévolat pensé comme une activité. C'est un groupe, un groupe Kaba, qui propose du temps en tant que bénévole. mais ce groupe va être accompagné d'un éducateur afin de pouvoir et rassurer le groupe, et rassurer la structure, et permettre aussi à ce que la mission se passe correctement. Ça permet aussi de prendre des bénéficiaires du CABA qui vont pouvoir... Ça permet surtout d'avoir un groupe très mixte en termes de compétences. Concrètement, sur ce festival, on a la responsabilité d'une des salles du festival. Donc le caba va prendre en charge toute la programmation sur une salle. On va faire rentrer le public, scanner les billets, vérifier que tout se passe bien dans les salles, s'assurer qu'il y ait un bon déroulé du film, être en lien avec le projectionniste, pouvoir faire le petit tour de ménage après la séance. C'est un festival où il y a des films toute la journée, de 9h toute la nuit. Ça ne s'arrête plus pendant 10 jours. Et donc, le caba s'occupe de toute cette salle, par petit groupe de 3 ou 4 personnes, par séance. Du coup, on peut tourner un petit peu comme ça sur le planning. Ce qui permet à chacun de pouvoir se reposer aussi, et de faire cette mission de bénévolat à son rythme. l'idée là-dedans c'est pas simplement la mission de bénévolant en elle-même c'est encore une fois l'inclusion sociale et donc c'est de pouvoir travailler sur la construction d'un festival de pouvoir s'investir dans ces moments-là va pouvoir permettre et faciliter les relations sociales avec les autres bénévoles du festival les salariés du festival toute l'organisation va également faciliter l'accès à la culture elle-même et à l'œuvre de ce que propose le festival. Là, sur celui-ci, du cinéma, il y a plein de personnes bénéficiaires du caba qui n'étaient jamais rentrées au théâtre avant d'être bénévoles. Le festival se passe au Théâtre National d'Alès, le cratère principalement. Parfois, la première fois, ou depuis très longtemps, où ils ont eu l'occasion d'aller voir un film. Donc on est vraiment dans une interaction entre... On fait du bénévolat pour pouvoir aussi se remettre un petit peu en route vers le travail, de pouvoir se lever le matin, d'avoir une émission bien spécifique. Et aussi, il y a également tout le côté social dans la relation à l'autre, dans la relation avec le partenaire et dans l'accès aux œuvres culturelles.

Bruno Excuse-moi, Mickaël. Ce qui est important aussi dans ce que dit Mickaël, c'est qu'il y a des bénévoles d'itinérance qui vont aller rencontrer des bénévoles du cabas. Et donc, il y a vraiment une interaction sociale, je tiens à le souligner, parce que c'est très fort. Ces moments-là sont vraiment très forts. et itinérance c'est quand même je crois que c'est 40 000 entrées par an à peu près donc voilà c'est un festival qui est là depuis 42 ans donc qui est vraiment sur la place publique au niveau du secteur alésien et voire plus parce que bon c'est connu je dirais pas dans le monde entier faut pas exagérer mais c'est quand même ça commence à avoir une certaine importance en termes de festival du cinéma et donc que des personnes en situation vulnérable puissent participer à cette aventure c'est un sacré challenge et là le partenariat avec l'association qui est Inérence c'est un beau partenariat on a deux types de partenariats culturels, bien sûr on a des types des partenariats culturels je ne sais pas si tu te souviens de certains partenariats il y en a un qui est très chouette aussi, c'est avec le pôle cirque on a une scène nationale sur Alès pour ceux qui connaissent, il y a 12 plateaux en France et dont Alès en bénéficie et là il y en a un prochain partenariat dans moins d'un mois où de nouveau des personnes du CA vont pouvoir être acteurs de cette belle aventure

Mickaël Oui voilà tout à fait le concept que je viens d'expliquer sur le festival du cinéma d'Ales on le reproduit sur plusieurs autres festivals dont le festival de la verrerie In Circus en juin mais également sur un festival de jazz qui s'appelle Jazzopark en juillet, sur un festival d'humour qui s'appelle Le Lalalala en août, sur un festival de livres qui a lieu dans deux semaines, qui s'appelle Passeurs de Livres. J'en oublie certainement, mais c'était l'idée de reproduire un petit peu cette manière de travailler avec le monde culturel.

Yaël Je trouve que ce qui est intéressant dans les exemples que vous donnez, c'est que c'est vrai qu'en général, justement, quand on parle d'inclusion ou autre, il y a une logique de formation. C'est-à-dire que le premier réflexe, c'est de dire « Ah, mais il faut former les professionnels. » Donc, par exemple, je ne sais pas moi, les professionnels de médiathèque, les professionnels d'association, les professionnels culturels. Et j'ai l'impression que là, vous, vous arrivez pas en disant qu'il ne faut pas les former, mais en tout cas en perpendiculaire, justement avec cette notion de partenariat où vous emmenez vos publics sur place pour amener autre chose. Et j'imagine que ça quand même modifie les pratiques à la fin des personnes dans les structures partenaires.

Mickaël Complètement. En fait, c'est une action expérientielle pour tout le monde, à la fois pour notre public, mais aussi pour l'accueillant. Et ça fait forcément bouger un petit peu les lignes. Quand on prend un peu de recul, on peut se rendre compte que les mentalités ont pu changer. Mais c'est vrai aussi pour toute la société. Donc ce n'est pas forcément vrai sur une action particulière, mais toutes ces petites actions-là ont dû y participer. Et effectivement, il ne faut pas forcément former les structures, les personnes qui vont accueillir ce public, mais il faut simplement pouvoir les accompagner. Et en fait, notre rôle, il est aussi de les accompagner, de pouvoir les rassurer, de pouvoir être présents s'il se passe quelque chose, de pouvoir rassurer le suivi de ce qu'on met en place. C'est-à-dire qu'il n'est pas question de pouvoir proposer ces actions d'inclusion et donc de pouvoir proposer à un bénéficiaire ou deux du CABA de pouvoir être bénévole seul dans une structure sans qu'il y ait un suivi de cet accompagnement. Donc il sera évidemment bénévole comme tout un chacun sans forcément l'accompagnement du CABA. Mais du coup, nous, on va quand même pouvoir faire le point régulièrement avec ces personnes, faire le point avec les structures pour s'assurer que tout fonctionne et que tout se passe au mieux.

Ludo Et du coup, ça c'est une stratégie, du coup vous êtes là pour le coup pas dans des milieux protégés, c'était l'objectif que d'aller directement dans le monde réel, enfin en tout cas dans le milieu, je ne sais plus quel est le terme, et donc c'est votre méthode du coup pour ne pas non plus les lâcher dans le vide directement, et faire cette transition, enfin en tout cas les sortir d'un... Je ne sais pas, comment c'est venu du coup?

Bruno C'est une méthode, c'est la notion, j'allais dire, de l'immersion réciproque. On est vraiment dans de l'immersion. Alors pourquoi réciproque? Parce qu'à la fois, les personnes qu'on accompagne, ils vont vers le droit commun pour simplifier les choses. Même si nous, on est un peu dans le droit commun, mais c'est un petit peu différent parce qu'on est dans un monde protégé. Et à la fois, les personnes qui viennent de ce fameux droit commun viennent aussi vers ces personnes-là. Et pour que ça soit beaucoup plus fluide et naturel. Et comme tu l'as dit, Ludo, C'est vraiment cette idée de contact, de facilité. Comme on vous l'a précisé tout à l'heure, on est sur l'autonomie. Et donc, c'est un apprentissage sous une forme, on pourrait penser ludique, mais ce n'est pas simple pour certaines personnes qu'on accompagne de se retrouver à gérer l'entrée des salles, par exemple, pour revenir sur l'itinérance. On a des gens, des fois, ils peuvent décompenser. Voilà, il faut le savoir. Donc, on les accompagne, comme Mickaël le disait tout à l'heure. On n'est pas loin. On n'est pas loin, on les accompagne. il y a une structure qui se met en place mais cette structure elle est à la fois bien sûr par la personne elle-même elle se met en place progressivement par l'expérience par les personnes qui accueillent donc les partenaires parce qu'eux ils commencent aussi à nous connaître puis à voir comment ça fonctionne et puis bien sûr par les professionnels du CABA donc oui c'est un apprentissage et l'idée de l'immersion réciproque c'est vraiment ce qu'on recherche après on a d'autres types de partenariats ce que j'expliquais tout à l'heure là ça va être un peu différent alors c'est pas forcément du côté vers la culture parce que comme disait Mickaël on en a oublié on a un partenariat avec Voyage Culturel qui est une association qui est notamment financée par l'Etat dans le cas des zones prioritaires et là eux ils font ce qu'on appelle des lâchers de livres ils récupèrent des livres ils ont un lieu qui est magique pour les amateurs de livres on a l'impression pour ceux qui connaissent L'ombre du vent de Carlos Zafon c'est un espèce de hangar avec je sais pas combien de livres dans Mickaël, c'est énorme, c'est classé, et en fait, ils vont donner les livres, ils vont sur des événements, et ils distribuent des livres sur des thématiques, nous, on en bénéficie, c'est une thématique sur le jardinage, je dis n'importe quoi, sur la culture, et nous, le cabas, on participe à la restauration des livres, mais en même temps, eux, ce qu'ils nous apportent aussi, ensemble, on va faire des ateliers d'écriture, soit chez eux, dans leur local, soit ils viennent chez nous, et ça peut faire l'occasion d'éditer certains ouvrages, des choses comme ça. Et après, on a des partenariats un petit peu différents. Alors là, c'est le directeur qui parle, mais qui sont nécessaires, mais on associe aussi les personnes. On va prendre un partenariat. Vous vous expliquez tout à l'heure qu'on accompagne des personnes en situation d'handicap psychique. Ici, sur Alès, on a une structure qui s'appelle Resnage, je l'ai un peu évoqué. Et on va, en France, il faut savoir qu'il y a tous les ans, il y a ce qu'on appelle les journées en santé mentale. Donc, pour les personnes qui souffrent d'handicap psychique, c'est porté notamment par une grosse association qui s'appelle Luna Femme, qui est un partenaire du CABA. Et l'idée, c'est que sur une semaine, on va avoir une thématique de réflexion sur une problématique. Par exemple, ça peut être le droit des personnes en situation vulnérable. Qu'est-ce qu'on va mettre en place? Il va y avoir des intervenants de l'extérieur qui vont venir. Il y aura un colloque, des discussions. Il y aura des ateliers interactifs. Et dans la réflexion, dans la co-construction, il est arrivé, il arrive souvent tous les ans, il y a des bénéficiaires du CABA ou d'autres structures. On se retrouve autour d'une table et on construit le programme ensemble. Donc en plus, les personnes, dans le cadre d'un partenariat de ce type-là, les bénéficiaires sont à la fois aussi forces de proposition pour comment on peut améliorer le quotidien, je dis bien, de tout le monde. Ça, c'est un beau partenariat. On est sur des choses très ponctuelles, mais c'est aussi un très beau partenariat, comme tous les ceux qu'on a évoqués par la suite. On ne fait pas de pub parce que ce n'est pas du fait que du CABA, c'est aussi de l'ensemble des partenaires du territoire. Et la notion de partenariat, si elle n'est pas territoriale, ça ne marche pas très bien quand même. Ça veut dire qu'on va se retrouver dans de l'isolement et puis ça ne fonctionnera pas. Le territoire peut être très vaste. Notre territoire, il est assez grand. Territoire national, ça peut fonctionner. Actuellement, on est sur un autre type de partenariat dans le cadre du champ de l'autisme ou le CABA avec une structure, aussi une association du même type que nous qui s'appelle la DRH. On va être équipe support à la demande du centre de ressources autisme du Langue-de-Croussillon auprès d'autres établissements qui accompagnent les personnes autistes pour les aider sur le diagnostic. C'est un autre partenariat. Alors là, on ne va pas vers le droit commun, on reste dans le milieu protégé, certes, mais dans l'idée, c'est adapter des réponses à des personnes qui ne sont pas forcément diagnostiquées autistes dans des structures, déjà, et aider les équipes. Donc, forcément, on aide des personnes. C'est tout ce type de partenariat qui est vraiment très riche dans des fonctionnements comme le nôtre dans le médico-social.

Yaël Et du coup, là, il y a une question qui me vient. Comment vous choisissez vos partenaires? Est-ce que ça vous est déjà arrivé soit de refuser une demande de partenariat soit de rompre un partenariat?

Bruno Oui, je vais commencer par rompre un partenariat. Je ne dirai pas le nom. Parce que, en fait, ce n'est pas une question de c'est bien, c'est pas bien. On n'est pas du tout là-dessus. C'est l'expérience. On a un partenariat qui avait démarré sur des choses bien précises, sur des ateliers, une thématique bien précise. je ne dirais pas plus parce que je ne veux pas stigmatiser les choses. Mais au départ, c'était une recherche, un atelier pour une fonction thérapeutique au travers d'une activité. Mais la personne travaillait seule avec des bénéficiaires chez nous et il n'y avait pas d'échange. Et là, nous, la notion de partenariat, ça ne fonctionnait pas bien. Ça ne peut pas être dans un sens, le partenariat. Il faut vraiment qu'il y ait cette interactivité. Et c'est une des raisons pour lesquelles on a arrêté. c'est peut-être plus à la personne qui venait qui était la responsable notamment de la structure et on a progressivement ça a glissé, on a arrêté le partenariat et alors c'est dommage parce qu'il y avait une interactivité et à un moment donné on devait nous aller là-bas et eux ils venaient là mais quand on allait là-bas on avait plutôt l'impression qu'on est à la disposition des personnes alors c'est pas ça du tout on a parlé de la notion d'acteur, il faut être acteur et si on n'est pas acteur, ça ça fait partie des mauvaises expériences après le choix du partenariat Michael il pourrait mieux le dire que moi dans le cas de tout ce qui va être culturel entre autres le choix c'est par rapport au projet par rapport à l'objet, par rapport à ce qui existe ce qu'offre la société et si ça correspond aux personnes qu'on accompagne à notre projet aussi personnel comme je disais tout à l'heure sur l'autonomie, on y va on voit, on teste et puis là on fait des rencontres et là c'est un boulot qui se met en amont c'est pas que le directeur, c'est vraiment un travail d'équipe et chacun va ramener ses ressentis et on va le construire autour d'un document qui peut être une convention des choses comme ça

Mickaël Effectivement le lien qui va dans les deux sens en fait dans un partenariat la co-construction est plus que nécessaire et surtout il faut qu'il y ait un retour pour les deux parties je reviens 5 minutes sur le partenariat avec Solidarnet sur la question du numérique L'idée est de pouvoir accueillir effectivement des personnes en situation de handicap dans leurs locaux. Pour eux, c'est aussi de pouvoir nous rediriger des personnes qui auraient d'autres difficultés que celles liées au numérique. Et donc, le partenariat va se tisser comme ça et va se construire en fonction des demandes et des rencontres qu'on va faire sur ce lieu.

Ludo Et donc pour lancer une transition là on parle de Solidarnet et donc vous nous avez proposé qu'on finisse cette discussion dans leurs locaux avec certains d'entre eux donc écoutez on y va? Allez on y va

Yaël Alors nous revoilà en direct de Solidarnet ce qui n'était pas du tout prévu aujourd'hui mais quitte à être dans l'itinérance au moins comme ça on y est à fond sur une proposition d'ailleurs de Bruno tout à l'heure au déjeuner qui était allez on y va et on assume donc maintenant on est toujours avec Mickaël et Bruno du coup de Kaba et on a un nouvel invité qui est donc Sébastien, bonjour Sébastien de Solidarnet et peut-être ce que je te propose c'est de présenter peut-être très rapidement l'association histoire que les auditeurs et auditrices sachent un petit peu ce que vous faites même si Mickaël et Bruno en ont déjà parlé un petit peu tout à l'heure

Sébastien le principe est super simple, on s'adresse à toute personne pour qui la numérisation de la société va poser une difficulté dans leur vie, soit quotidienne, soit professionnelle, sur le plan administratif ou sur les questions de recherche d'emploi ou de loisirs, bref la vie.

Yaël Et du coup, est-ce que tu peux parler peut-être du lieu où on est là? Alors là, on est à

Sébastien Alès, on est juste à côté de la gare d'Alès, donc en plein centre-ville et on est en accueil des gens sur deux étages avec sept médiateurs numériques, une assistante administrative et moi-même. Merci.

Yaël Et du coup, si on est très content d'être là, c'était pour poursuivre la discussion parce qu'on s'est arrêté tout à l'heure un peu de manière abrupte parce que Mickaël, tu commençais à présenter justement un peu l'historique du partenariat avec Solidarnet comment ça s'est passé est-ce que tu peux peut-être revenir dessus comme ça on aura l'échange en direct avec Sébastien

Mickaël Oui, et bien dans un premier temps on a rencontré Sébastien et toute l'équipe de Solidarnet au CABBA pour faire une présentation deux dispositifs, à la fois le CABBA et Solidarnet. Suite à ça...

Yaël Et peut-être que vous avez eu cette idée comment de faire cette petite présentation?

Bruno L'idée, simplement, moi j'avais entendu parler de Solidarnet, par la presse, je crois, certainement dans l'édition locale qui doit être midi libre. Et de l'autre côté, comme on l'a évoqué tout à l'heure, notamment Michael, est en charge d'un atelier numérique et puis de formation, il a une formation complémentaires dans les métiers du numérique, si je ne me trompe pas, Mickaël. Et l'idée, c'était, pourquoi pas, de faire de l'immersion dans une structure comme Solidarnet. Donc, de développer un nouveau projet pour pouvoir accueillir les personnes en situation de handicap, dans un premier temps, qui étaient accompagnées par le Kaba, mais pas dans nos locaux au Kaba, mais dans les locaux de Solidarnet. Donc, on a rencontré Sébastien, et Sébastien, il a dit, OK, on y va. Et il a proposé, Il a proposé d'aller rencontrer les équipes du CABA pour savoir c'était quoi cette histoire de Solidarnet. C'est ça, Mickaël? Oui, c'est ça.

Mickaël Non, du coup, l'idée, en tout cas pour le CABA, c'était de pouvoir proposer une permanence à Solidarnet. Parce que c'était pour nous un lieu de droit commun dans lequel les personnes pouvaient potentiellement aller. mais force est de constater que ce n'était pas forcément le cas. Elles ne connaissaient pas forcément, elles avaient peut-être un petit peu d'appréhension à y venir seules. Et du coup, c'était important pour nous de pouvoir proposer une permanence avec les bénéficiaires du CABA dans le but de pouvoir leur permettre un accès plus facilité ensuite à Solidarnet. Je crois que je l'ai déjà dit tout à l'heure, mais du coup, dans l'autre sens, c'est également vrai. Solidarnet accueille forcément aussi des personnes en situation de handicap, pas pour les accompagner pour les difficultés liées au handicap, mais pour les accompagner au numérique. Tu me corrigeras, Sébastien, si... Et donc l'idée était de pouvoir faire ce double emploi de cette permanence, à la fois permettre aux gens du Kaba d'y venir et à la fois permettre aux personnes qui viennent déjà à Solidarnet d'y trouver le Kaba s'il y avait des besoins qui étaient plus larges que la question du numérique.

Ludo Et du coup, on voit bien l'intérêt de Kaba dans le partenariat. Et qu'est-ce qui a fait que, Sébastien, il y a eu aussi un intérêt éventuellement dans votre sens?

Sébastien En fait, ce qui m'a vachement intéressé, c'était les conditions du partenariat. C'est-à-dire qu'on est régulièrement sollicité des années par un ensemble d'organisations ou d'organismes pour on va dire faire de l'inclusion numérique pour leurs propres usagers or ce qui est souvent assez gênant c'est que soit les personnes sont capables de venir directement à Solidarnet mais ces fameuses orientations contre rien ça me gênait un peu et là ce que j'ai trouvé très différent avec le Kaba c'est que tout de suite j'ai dit ok OK, vous avez des personnes que vous accompagnez sur leur situation de handicap qui vont avoir des besoins d'accompagnement vers le numérique. Mais moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on travaille ensemble et pas avec le partenariat. Ce ne soit pas un ping-pong de l'usager d'une structure vers une autre. Et là, pour eux, je me suis rendu compte assez vite et puis bien plus profondément encore. on a passé pas mal de temps ensemble sur pas mal de points mais concrètement le Kaba a une très grande habitude justement de ça c'est à dire qu'une structure partenaire pour eux c'est une structure avec qui ils travaillent et non pas avec qui ils orientent ce qui est très très différent donc ils savent très bien accompagner les personnes dans les actions qui sont menées par d'autres partenaires que ce soit une médiathèque que ce soit une scène nationale, etc. Toutes les ressources dont dispose la ville. Et Solidarnet était considéré comme ça aussi. Et donc, j'ai dit, moi, écoutez, si on travaille ensemble, il faut que je vois les équipes, il faut qu'il y ait quelqu'un, un interlocuteur. Mais pour eux, c'était complètement naturel que Michael vienne à Solidarnet, ouvre une permanence dans nos locaux. Ça, ça m'a beaucoup plu.

Yaël Michael, est-ce que tu veux revenir sur justement comment ça s'est passé au début et peut-être comment le partenariat a évolué?

Mickaël Oui, alors en fait, au début, on avait imaginé avec Sébastien et les autres collègues du CABA de pouvoir faire cette permanence à l'étage de Solidarnet dans le but d'avoir un petit peu, d'avoir une salle complète pour recevoir les gens et pouvoir parler librement des difficultés sans avoir d'oreilles indiscrètes autour de nous. Il se trouve que j'étais en haut, à l'étage de Solidarnet. Là où on est en ce moment. Oui, dans cette pièce, exactement. Et ça se passait très bien. Les usagers du cabas venaient facilement, avaient repéré comment accéder à la salle. mais je ne vivais pas réellement ce qui se passait à Solidarnet. Et pour moi, c'était important pour pouvoir construire et faire évoluer ce partenariat, de pouvoir être présent au même endroit que là où tout se passe, en fait, avec les autres salariés de Solidarnet, avec les autres usagers de Solidarnet, et de pouvoir me observer tout ce qui s'y passe. Donc l'année suivante, j'ai fait la proposition de me mettre dans l'open space en bas avec tout le monde. Ce que Sébastien a accueilli avec plaisir. Et depuis, je prends la permanence au premier étage dans l'open space, où les bénéficiaires du CABA et le reste de Solidarnet se retrouvent.

Yaël Et du coup, est-ce que tu peux dire qu'est-ce que ça a changé ou qu'est-ce que ça a produit d'être descendu pour rez-de-chaussée?

Mickaël Du coup, ça m'a permis de rentrer en relation plus facilement avec les médiateurs numériques à présent. Ça a permis également aux bénéficiaires du CABA d'être dans la même salle que s'ils venaient par leurs propres moyens. Donc ça a aussi facilité le fait que les bénéficiaires du CABA puissent venir seuls. Aujourd'hui, on a plusieurs qui viennent seuls. Je racontais tout à l'heure que parfois, il y en a même qui viennent sur un temps de permanence, mais pas pour me voir, mais pour un rendez-vous ou une démarche avec Solidarnet et me disent bonjour de loin, parce qu'ils ne viennent plus uniquement pour le Kaba, mais bien pour Solidarnet.

Sébastien Pour moi, ça, c'est une grande réussite. C'est à peu près ce que j'attendais du mieux d'un partenariat, c'est-à-dire quelque chose qui est complètement hors financement, qui n'est pas une expérimentation financée en tant que telle, etc. Le résultat, c'est qu'avec une collaboration de professionnels, on arrive à une personne qui arrive à quitter son référent handicap, pour le dire vite, et utiliser Solidarnet comme n'importe quel autre usager.

Yaël Sébastien, est-ce que tu dirais que ça change aussi vos manières de travailler à vous?

Sébastien Mais bien sûr. Je ne me trompe pas si je dis qu'il y a une grande partie des gens qui sont accompagnés par le KBA, qui sont plutôt sur des handicaps psychiques ou mentaux. Et donc, on a nous, de notre côté, une équipe qui n'était pas du tout formée à ça. Peut-être pour certains, une petite anxiété, je ne vais pas dire réticence, mais en tout cas anxiété, en se disant qu'ils n'étaient pas en capacité d'accompagner des personnes qui avaient des situations de différence mentale ou psychique par rapport à eux. Et la venue de Mickaël, pour nous, ça a été une ouverture professionnelle indéniable.

Yaël Ça, justement, tout à l'heure, vous avez dit que ça se faisait de manière informelle. Vous l'avez formalisé par une convention ou comment ça se passe?

Mickaël Oui, on a formalisé ce qu'on y faisait par une convention. On ne l'a pas fait tout de suite parce qu'on était d'accord, Sébastien et le CABBA, de pouvoir travailler d'abord et construire, donc co-construire avant de formaliser une convention parce qu'on ne voulait pas écrire quelque chose qui ne se passerait pas réellement. Donc on voulait vraiment s'appuyer sur une expérience qu'on aurait déjà vécue. Donc on a mis une petite année, je pense, à écrire la convention, qui peut être revue, puisque du coup, on a rajouté des choses, parce qu'au fur et à mesure des mois, on a construit d'autres types de pratiques et d'accompagnement. J'en ai parlé tout à l'heure sur les cafés numériques, par exemple, et qui pourraient être ajoutées à cette convention. Maintenant, moi, en tant que travailleur social, je ne vais pas m'arrêter spécifiquement sur une convention parfaitement bien écrite et à jour. J'ai bien dit moi en tant que travailleur social et je vois Bruno, le directeur du CABA, se demander. Mais oui, c'est important d'avoir une convention bien formalisée. Mais en tout cas, pour moi, en tant que travailleur social, le plus important est la co-construction et l'expérience qui en ressent.

Speaker 3 Michael, il triche un peu parce que c'est une convention qui a été co-construite à la fois avec Michael et bien sûr Solidarnet. Il y a un peu la direction, certes, mais voilà, c'est co-construit. L'idée d'une convention, comme on parle du partenariat, ce n'est pas pour avoir une convention. Convention, d'abord, ça pose un cadre. Et c'est vrai que dans l'histoire avec Solidarnet, avec Sébastien, c'était de se dire on avance, on voit, on n'a pas besoin de convention. C'est vrai qu'au départ, on n'avait pas besoin de convention. On n'en a peut-être pas toujours besoin. Mais ce qui est intéressant, c'est par rapport à notre environnement économique, c'est un indicateur auprès. Tout à l'heure, on parlait des autorités de tarification. C'est un indicateur. Là, actuellement, nous, de l'autre côté, dans nos structures sociales et médico-sociales, comme souvent, on a un questionnaire à réponse. C'est une enquête qui est annuelle, qui est l'enquête de la nappe, les tableaux de bord de la performance, que Sébastien connaît un petit peu. Et on nous demande le nombre de conventions. Bon, voilà, c'est comme ça. Mais au-delà de la convention, comme l'a très bien dit Michael, c'est évolutif. Moi, je suis super d'accord avec tout ça.

Sébastien Je le vois dans d'autres partenariats. La convention, c'est un élément parmi un ensemble beaucoup plus large, peut-être une étape ou en tout cas un moment de boucle dans la construction d'un partenariat. Concrètement, je suis à 100% d'accord sur le fait qu'il ne faille pas démarrer par une convention. sinon un partenariat ça s'écrit mais ça se vit aussi donc je suis assez pour dans les premiers temps du partenariat de sa mise en place, de ne pas écrire la convention sans être inquiété dans une logique tout cadrée, tout conventionnée je pense qu'il vaut mieux démarrer en revanche c'est une étape importante c'est à dire qu'à partir du moment où on a des choses à écrire et si on écrit ce qu'on a Donc, ce qu'on est en train de vivre, c'est pas trop mal non plus. Ça cadre les choses. Je vais passer complètement à un autre exemple. On a monté un réseau d'acteurs de l'inclusion numérique dans le Gard. Et on s'était fixé au départ qu'on ne montrait une association que si on avait fait des choses ensemble. Et un an et demi plus tard, on a créé l'association sur une base de foule de choses qu'on avait faites ensemble. Là, c'est un peu la même chose, en fait. C'est un partenariat, si c'est le sujet. La convention, c'est une étape. et peut-être pas la première, mais qui, à un moment, nécessite d'être écrite parce qu'elle formalise, parce qu'elle cadre. Et je dirais que c'est un point de la boucle, parce que ça pose un jalon pour réinterroger la convention. Donc ça fixe aussi un moment où on va dire, tiens, mais on en est où? Qu'est-ce qu'on fait? C'est ce qu'on fait chaque année maintenant, depuis trois ans, ou quatre peut-être, trois ans, trois ans où on prend un temps d'évaluation, de discussion, et généralement, ça donne naissance à une petite action supplémentaire, un petit aller vers quelque chose de nouveau.

Yaël Et cette évaluation, vous le faites avec les bénéficiaires?

Mickaël On le fait en deux temps. Moi, je le fais avec les bénéficiaires des groupes qui sont déjà constitués. Là, avec Solidarnet, c'est une permanence. Donc, je ne vais pas forcément le faire avec les bénéficiaires. Je ne vais pas faire de bilan avec les bénéficiaires qui viennent à la permanence parce qu'ils sont venus une fois ou deux sur un sujet particulier. Par contre, je vais prendre le temps de pouvoir faire un bilan avec les groupes constitués sur les cafés numériques, par exemple, pour pouvoir réadapter ou repenser l'activité avec eux. Et ensuite, on va faire un bilan avec Sébastien et les autres intervenants de Solidarnet sur les différents groupes pour pouvoir, nous, se caler et puis éventuellement repenser ou penser une nouvelle action ou améliorer ce qu'on fait déjà.

Yaël Là, en vous écoutant, on a l'impression que dans ce partenariat, ça rebosse beaucoup sur toi, Michael. Est-ce que vous pensez, dans le cas bas, la transmission possible? C'est le fameux « si demain tu t'en vas », comment est-ce qu'on est sûr ou comment vous pensez la suite de ce partenariat pour qu'il perdure dans le temps?

Ludo Est-ce que la convention, c'est un outil pour ça, pour formaliser entre les deux structures et pas que ça ne soit qu'interpersonnel?

Speaker 5 Ah oui, oui, complètement. Alors la convention, elle est toujours coélaborée entre les directions, bien qu'elle soit aussi... Le contenu est apporté par Mickaël et chez moi par Pierre et Aline, je crois, ou peut-être Aline, je ne sais plus. Mais en gros, il y a des remontées, mais les deux directions sont totalement au courant du contenu de cette convention. Donc on se parle quand même. Bruno n'est pas tout à fait au courant. mais bon alors deux choses peut-être pas il n'y a aucune garantie sur le fait que l'action perdure mais je pense quand même que si un jour Mickaël par exemple quitte le territoire ou l'association à mon avis Bruno et moi on s'appellera pour se dire bon attends comment on peut faire pour continuer donc il y a quand même une garantie de portage du partenariat. La seconde, c'est sur les extensions, quand même. C'est que chaque année, la réévaluation de la convention, c'est-à-dire des actions, on n'évalue pas la convention, on évalue ce qui a été fait. Et c'est là que c'est le plus important. S'il y a un mot qui ne va pas au chapitre 3 de la ligne 4, on s'en fout. L'intérêt, c'est d'évaluer ce qui est le réel. Et donc, là, cette année, ça a donné lieu à une nouvelle expérimentation qui est en cours en ce moment. et qui n'est pas faite avec Mickaël, mais une autre éducatrice du CABA, où il s'agit de faire monter en compétence sur un tableur, une personne qui a des troubles du spectre autistique, et on l'a mis en situation de formation, comme pour n'importe qui. Donc elle va passer à une certification, alors avec des aménagements, Et nous, de notre côté, alors là, c'est un super partenariat, parce que c'est pareil, j'en vois un formateur sur prise en compte du handicap et adaptation de la formation à la situation de la personne.

Bruno Par rapport à la question qui est posée par Ludovic, c'est la notion de réseau aussi. Je voulais quand même en parler, parce qu'il y a partenariat à réseau. Et là, on parle de personne, en fait, quand on parle de réseau. Alors l'outil, effectivement, Convention peut être un outil qui va atténuer ce côté réseau. le réseau c'est quoi tout simplement si on met en place des partenariats c'est qu'on peut avoir une infinité avec quelqu'un ou ça va avec Sébastien ça a fonctionné dès le départ on a un peu de temps mais au départ parce qu'il est pas simple quand même mais moi non plus et un Mickaël mais ça c'était pour mettre un trait d'humour mais en fait c'est vraiment ça c'est vrai que c'est les personnes ressources on parle de personnes ressources dans cette histoire là mais la personne ressource ça va s'appuyer sur un cadre et le cadre c'est ce qu'on va mettre en place et sur une idée qu'on va mettre en place et dans le cadre de Solidarnet l'exemple que vient de donner Sébastien par rapport à la situation d'une jeune femme que nous on accompagne au caba c'est pas Mickaël qui est venu étayer le propos et le projet c'est une éducatrice qui connaît cette personne et ça a été relayé par des personnes de Solidarnet donc en fait il y a une question de culture dans le partenariat et là on en est à 3 ans 4 ans d'existence c'est en train d'infuser doucement comme ça a infusé au Kaba ça faisait aussi auprès des autres collègues du Kaba parce qu'au départ Solidarnet même si Sébastien est venu présenter à l'ensemble des équipes du Kaba il y en a peut-être encore mais il y en a qui étaient très éloignés de leur pratique et là on peut imaginer nous en interne on a fait une diffusion où même des travailleurs du Kaba travailleurs sociaux, ils commencent à se dire il faut aller vers Solidarnet etc. donc pour répondre à la question c'est toujours fragile un partenariat par rapport aux personnes ressources mais c'est à nous, quand je dis nous c'est à un ensemble à mettre cette culture de ce partenariat là

Yaël Michael tu voulais ajouter quelque chose là dessus?

Sébastien Moi oui je crois vraiment je crois vraiment que un partenariat c'est de l'action et c'est super galvaudé alors j'ai un exemple typique je ne citerai pas le nom on m'a envoyé une convention toute faite en disant ça y est maintenant on est partenaire est-ce que vous voulez bien signer et quand je lui dis le truc j'ai du mal à comprendre qui fait quoi qui doit faire quoi j'ai l'impression que c'était un peu la chasse aux partenaires pour avoir des partenariats et non clairement avec le caba on est vraiment dans de l'action et c'est ça qui compte avant tout et le cadre c'est la formalisation de cette action à un moment donné dans des temps précis où on va boucler. C'est-à-dire, pas tourner en boucle, mais bien revenir sur ce qu'on a fait et démarrer sur autre chose.

Yaël Et ce qui est aussi intéressant, et ça rejoint un point, je crois qu'on a commencé à aborder tout à l'heure, c'est aussi qu'est-ce qui fait l'amorçage. Donc là, tu disais, Bruno, j'ai lu un truc dans la presse. Et vous voyez, on est vraiment sur site parce qu'on entend l'imprimante en fond sonore qui serre l'atelier, j'imagine, juste à côté. et peut-être que la porte va s'ouvrir et c'est pas grave mais du coup ce truc qui est quand même intéressant de qu'est-ce qui fait le déclic et c'est un peu le choix des partenaires on en a parlé un peu théoriquement tout à l'heure je vois Sébastien qui fait la boue comment est-ce qu'on choisit son partenaire et surtout qu'est-ce qui fait le déclic qu'en fait on va pouvoir appeler quelqu'un et du coup lancer l'action comme tu dis et en plus l'action de manière informelle en disant, tiens, on va se permettre d'expérimenter avec quelqu'un. J'imagine que ça ne se fait pas avec toutes les structures. Il faut peut-être quelque chose, non, en amont?

Sébastien Ouais, je suis oublié à peut-être des questions d'individualité ou de positionnement vis-à-vis du métier et de la sensation professionnelle, on va dire, voire peut-être même un regard plus général sur ce qu'est la vie. Mais quand même, il y a un truc de fond, c'est qu'on accompagne des personnes. Quand on a dit bingo, c'est qu'on a mesuré assez vite la plus-value potentiel, on ne savait pas si on allait y arriver, mais que là, il y avait une plus-value vraiment potentielle pour les personnes qu'on accompagnait. Donc, après, pas que. Moi, je sais que pour mes professionnels, c'était aussi important, je l'ai expliqué tout à l'heure, accompagner une personne qui est dans une situation de différence psychique ou mentale, c'est pas donné à tous les professionnels s'ils ne sont pas formés, etc. Mais là, on sentait bien qu'on allait peut-être sur un terrain, on allait ouvrir des portes aux gens qu'on accompagne.

Mickaël Oui, je suis totalement d'accord avec ce que vient de dire Sébastien. On choisit sans choisir. C'est-à-dire qu'on va construire un partenariat avec les personnes sur lesquelles on va travailler en commun sur une action. Par contre, effectivement, il faut trouver les personnes qui ont envie de travailler ensemble. Et à partir du moment où on a envie de travailler ensemble parce que nos missions vont dans le même sens, le partenariat peut se créer et peut se monter.

Ludo Oui, mais du coup, si je veux monter un partenariat, je prends mon téléphone, j'appelle une asso qui fait à peu près le truc qui m'intéresse et salut, ça vous dit on démarre un truc?

Mickaël Eh bien non. Bien sûr. Bien sûr que... Enfin, pourquoi pas, ça pourrait marcher, mais je pense que ça ne marche pas à chaque fois. Et avant tout, il faut se parler. Il faut d'abord étayer un petit peu ce qu'on va pouvoir faire ensemble, le penser et le copenser surtout, afin de pouvoir trouver un terrain d'entente. Donc du coup, ça, ça se fait plutôt sur du long terme et au gré des rencontres qu'on fait. Donc oui, il y a aussi un peu d'interpersonnel dans la construction d'un partenariat?

Sébastien Moi, je crois quand même qu'on peut prendre un téléphone et appeler quelqu'un, mais il faut avoir du contenu et dire la vérité. J'ai un autre exemple encore. J'ai reçu un mail il y a quelques jours avec, oui, on montre des ateliers seniors. Est-ce que ça vous intéresse qu'on fasse les ateliers seniors chez vous? En fait, ils avaient besoin d'une salle. Donc là, il s'était présenté comme un partenariat. Ce n'est pas un partenariat du tout. Vous avez besoin d'une salle. Elle n'a pas réussi à le dire. Je n'ai failli pas lui donner tellement ça m'a agacé. En gros, je pense qu'il faut être franc dans un partenariat et peut-être au service de la structure pour qui on travaille. Il faut être franc et loyal, en fait. Et là, je pense qu'il peut se passer des choses. Le partenariat, ce n'est pas une obligation, mais moi, je le vois plutôt comme une tentative. Et donc, ça nécessite d'être clair sur son contenu, y compris sur les incertitudes. C'est-à-dire, on va essayer. Pour le coup, c'est vraiment ce qui s'est passé. On n'avait aucune obligation de réussite. On avait juste besoin d'essayer. Et on s'est dit que, par contre, s'il se passait quelque chose, ça pourrait être intéressant pour les gens qu'on accompagne. Évidemment, c'est devenu intéressant au-delà, c'est-à-dire aussi pour les professionnels. clairement c'est pour ça que je dis le partenariat, oui on peut prendre un téléphone mais il faut avancer du contenu

Yaël et j'ai l'impression là ce qui est aussi intéressant dans ce que tu viens de dire et dans ce qui transparaît dans la discussion c'est la question de la transparence et en même temps, ça j'ai l'impression que c'est super difficile, enfin pour plein de personnes en fait c'est pas si simple de dire j'avance à visage découvert en disant mes incertitudes les... Je suis d'accord.

Speaker 5 Je suis d'accord. Alors ça, ça vient de plusieurs choses. Moi, je crois qu'il y a un, il faut accepter l'incertitude. Il faut avoir... Il faut être... Enfin, je ne vais pas dire il faut, mais ça nécessite d'accepter le doute. Et la deuxième chose, on n'a rien à perdre. Et les structures du travail social, pour beaucoup, elles sont en vibration, elles sont en difficulté. et quand on n'est pas confort dans son travail, dans ses financements, dans sa structure, on va avoir du mal à avancer en acceptant le doute. Mais c'est sûr que le doute, ça veut dire qu'on est clair sur qui on est et nos intentions.

Bruno Moi, je partage tout à fait l'avis qui vient d'être donné. Il y a une notion d'innovation aussi dans cette prise de risque. Mais la prise de risque, elle doit être bien sûr réfléchie. Ce qui est important de mettre en avant, c'est que le partenariat dans nos secteurs du social et du médico-social, il va se faire avec le consentement de la personne. Il y a aussi ça. Donc d'abord, il faut aller vers l'autre. Quand je dis aussi ça, c'est l'essentiel. Et lorsqu'on va faire une proposition d'aller vers un partenaire, dans le cadre de Solidarnet, c'est qu'on va bien voir si on a les mêmes affinités au niveau d'une pensée, au niveau d'un objectif. Et là, pour le coup, la transparence, elle doit exister. Si elle n'existe pas, on le ressent très vite. Comme vient de le dire Sébastien, quelques exemples. On a d'autres exemples. Nous aussi de notre côté. Quand on voit que ce n'est pas transparent, c'est un peu caché. Il y a de la concurrence dans les secteurs. Même chez nous, dans le social, le médico-social, il y a de la concurrence. C'est une stupidité. C'est pour ça que je parle d'innovation. Parce qu'il faut sortir... Il y en avait un ministre qui avait dit qu'il faut dégraisser le mammouth. Mais c'est bien aussi de dégraisser le mammouth du côté du social et du médico-social. Cette idée-là d'aller vers l'autre. Pourtant, c'est un objet qui doit nous appartenir à tous.

Ludo Ok, on va devoir conclure par rapport un peu au temps qui nous reste, est-ce que Michael tu voulais avoir un dernier mot sur ce

Yaël sujet? Je pense notamment peut-être sur la question du soin aussi qu'on entend dans cette question de relation et de partenaires et du temps que ça vous prend, parce que mine de rien, tout à l'heure on l'a pas dit mais on a vu votre planning et j'ai l'impression que presque tous les jours en fait il y a du temps qui est consacré au partenariat c'est pas quelque chose qui est pensé à côté de votre activité

Mickaël Non, effectivement pour le CABA le partenariat est pensé de manière globale. Effectivement, ce n'est pas une obligation non plus de créer du partenariat pour nous, même si ça peut contribuer grandement à l'inclusion sociale des personnes et à leur accès aux droits communs. Les imprimantes...

Yaël C'est ça, le live.

Mickaël Donc, je me suis perdu.

Yaël on était sur le sur le soin et le temps que ça te prend dans ton activité

Mickaël ça prend du temps de pouvoir coordonner aussi toute la partie partenariale sur toute l'année avec des temps forts on en parlait tout à l'heure sur les différents festivals avec des partenariats au long terme sur toute l'année avec Solidarnet donc il faut et avec la médiathèque également en fait il faut vraiment construire tout un planning sur de la durée avec tous ces moments-là pour pouvoir y penser, les travailler et en faire les bilans réguliers pour pouvoir

Speaker 5 avancer. Si je peux me permettre, c'est vraiment ce que j'ai appris avec le Caba, c'est que vous êtes une institution hors les murs. C'est dans votre ADN le partenariat, ça c'est une chose. Et la deuxième, c'est la façon dont vous construisez. J'ai vraiment pas mal avancé sur cette idée-là quand même, sur les fois où on est allé plus en profondeur sur chacune de vos actions qu'on a pu parler et changer. J'ai vraiment compris à quel point ça pouvait être super intéressant cette idée non pas du donnant-donnant ni du gagnant-gagnant mais l'idée c'est qu'est-ce qui pourrait être une plus-value pour les personnes qui sont accompagnées. C'est nos missions, rien de plus. Pour autant, c'est peu courant.

Ludo Ça nous fait une belle conclusion. Merci Bruno, Michael et Sébastien de nous avoir accueillis pour ce nouvel épisode de Questions d'Assos. Le podcast part et pour les assos. Et merci à vous de nous avoir écoutés. Nous espérons que cet épisode un peu particulier dans sa forme vous aura été utile et que vous aurez pris plaisir à l'écouter. Si notre discussion a pu faire écho à des situations que vous avez pu vivre, nous vous invitons chaleureusement à nous le dire en nous envoyant vos témoignages par mail à l'adresse hello-question-asso.com que vous trouverez dans la description de cet épisode. Vous pouvez aussi nous écrire si vous avez des envies ou idées de partenariat. On est ouvert, n'hésitez pas. Pour rappel, vous pouvez nous suivre sur votre plateforme de podcast préférée sur Soundcloud, Spotify, Deezer, Apple Music ou Peertube. Vous pouvez également vous abonner à notre newsletter pour ne manquer aucun épisode. Et vous retrouverez toutes les informations, les liens, les ressources que nous avons évoquées durant notre discussion sur notre site web. Cet épisode a été réalisé avec le soutien de la Maif. Aujourd'hui, c'est Guillaume Desjardins de Synchron TV qui était à la réalisation. La jolie musique que vous allez maintenant entendre est l'œuvre de Sound of Nowhere. Merci de nous avoir écoutés et rendez-vous le mois prochain pour un nouvel épisode de Questions d'asso.

We'll be right back. Sending by the moon
¡Bien de la